La crise des 25 ans n’est pas un mythe

Il y a près de deux  ans j’écrivais cet article sur la crise des 25 ans. Il y a trois ans seulement et pourtant tant de choses ont changé.
Alors à une semaine de mon 28ème anniversaire, qui y croit ?, j’ai voulu le relire et le partager avant de refaire le point.

Il y a un an j’étais à Paris, à la tête de ce que je croyais être ma nouvelle vie. CDI, appart, fashion week, verres, soirées, coups de téléphone, retours en taxis. Ma vie c’était le boulot, le métro et parfois des soirées. Ma vie c’était créer de la noto, faire des posts, jongler avec des influenceurs, vivre au rythme des défilés. Ma vie c’était courir d’un bout à l’autre de Paris. A force d’avoir une vie je n’en ai plus eu et tout s’est résumé à un grand point d’interrogation. 

Le jour de mes 25 ans je pensais “ça y est la vraie vie commence. Ca y est enfin je vais faire tout ce dont je rêve”. Et puis rien ne s’est passé comme prévu. Et j’ai découvert que la vie, en fait, ne venait pas de commencer. Que ça faisait bien longtemps qu’elle avait débuté. J’ai petit à petit perdu pied et je suis rentrée brusquement dans la crise des 25 ans. Ou plutôt, elle m’a bousculée, cette crise discrète et méconnue que certains surnomment la “quarter life crisis”.

Quarter life crisis 

Quarter life crisis, quésaco ? La crise du “quart de vie” en français, c’est tout simplement la fin de la prime jeunesse pour entrer dans l’âge adulte. Elle arrive moment où l’on est sensé entrer dans la vie professionnelle, être indépendant, autonome, avoir trouvé sa voie. Elle arrive quand on ne remplit pas certains de ces points et/ou que l’on se questionne. On se questionne sur le sens de tout ça. Où va-t-on ? Qui est-on ? Pourquoi fait-on tout cela ?

La crise des 25 ans c’est quand nos idéaux rencontrent la réalité et que ça fait BOUM. C’est quand l’équilibre est difficile à trouver et que les questions restent sans réponse. Ce n’est pas un caprice ou une flemme mais une remise en question de soi-même, de sa vie, ses rêves, son avenir. Face à l’immensité des possibles c’est trouver sa voie. Et surtout trouver la réponse à la question : qu’est ce que JE veux vraiment ? Terrifiante interrogation car quelque soit la réponse elle signifiera qu’il faudra renoncer à certaines possibilités.

Tout le monde n’a pas 25 ans de la même façon : il y en a qui achètent, font construire, ont des enfants, se marient, sont en CDI, d’autres qui sont en coloc, locataires, baroudeurs, certains sont freelances en couple, d’autres célibataires à la recherche du boulot de leur rêve. Avoir 25 ans c’est différent pour chacun, parfois c’est chouette, parfois c’est galère.  Parce que ce n’est pas en phase avec les attentes que l’on avait, celles des parents, de la société. Parfois cela remet en cause tout ce qu’on pensait vouloir. Pour moi ça a été une grosse remise en question.

Perte de sens 

Tout a commencé par la perte du sens de ce à quoi que je consacrais ma vie. Je travaillais tout le temps. Sans voir le jour, ma famille et mes amis. Je ne vivais que pour le travail. Je me disais que ça finirait par se calmer et que là, j’en profiterais. Je me disais que c’était normal, un pli à prendre. Je me disais que je l’avais bien voulu. Mais petit à petit j’ai commencé à me demander la vie que j’avais envie de mener. Etait-ce celle là ?

Oui, je m’étais longtemps imaginée indépendante, cadre, bosseuse, occupée sans cesse. Sur le papier cette vie de parisienne surbookée me plaisait bien. Mais dans les faits je ne me ressemblais plus. Je ne reconnaissais pas cette fille qui rentrait chez elle à 23h tout les soirs pour se précipiter sous la douche avant de s’écrouler dans son lit. Je ne reconnaissais pas cette nana qui ne cessait de pianoter sur son téléphone pendant un brunch entre copines un dimanche. Ni celle qui fondait en larmes après un cours de zumba parce qu’une douzaine de messages urgent pour le travail était arrivé.

Cette fille ce n’était ni moi, ni celle que j’avais envie d’être. Cette vie n’était ni celle dont j’avais rêvé – rien d’étonnant car rêve et réalité sont souvent bien différents – mais surtout, surtout pas celle dont je voulais. J’ai commencé à perdre pied, à tout remettre en question. Je ne voulais pas abandonner ce boulot pour lequel je m’étais battue, par principe, par fierté. J’ai pris des jours de congés, pris le large pour souffler. Mais même avec du recul et beaucoup, beaucoup d’amour j’étais toujours noyée sous les questions.

Ce job a fini par manger ma vie, me manger tout court. Et je n’en voyais plus le bout. Je me demandais si c’était comme ça toujours, si j’avais trop rêvé en imaginant une vie équilibrée. J’ai tout remis sur le tapis. Tout tout tout. Les études, mes choix, ma personnalité, chacun de mes actes. Et puis j’ai arrêté, parce que je ne pouvais plus continuer comme ça. Je n’avais pas envie de vivre cette manière là. J’avais envie de me retourner dans quelques années et d’être fière, mais je n’avais pas envie pour cela de tout sacrifier. Finalement cette vie je n’en voulais pas. Je n’en pouvais plus.

Questionnements

J’ai quitté ce boulot et cette entreprise (une longue et vaste aventure ) pensant prendre un peu de temps pour moi et pouvoir rebondir rapidement comme je l’avais fait jusque là. Que nenni. J’ai plongé dans une mare, que dis-je une mer de questions. Enfin, tout a commencé par beaucoup de repos, dormir, dormir, dormir. Ensuite, j’ai plongé dans les questions. Mais qui suis-je ? Cette parisienne ou la voyageuse ? Qui ai-je envie d’être ? Une fille posée et stable ou une femme qui se laisse surprendre par la vie ? Pouvais-je être tout à la fois ? Qu’ai-je envie de faire ? Où ai-je envie d’être ? Mais où vais-je ? Bref toutes les questions possibles et imaginables m’ont traversé la tête.

J’ai tout remis en question, je me suis dénigrée face à ces personnalités de moins de 30 ans les plus influentes désignées par Forbes, face à mes amies dont la carrière décollait, celles qui avaient trouvé leur équilibre. Je me suis demandé que faire ? J’ai exploré toutes les pistes : reconversion, méditation, réorientation, voyage. J’ai été dépassée par ce qui était possible, arrêtée par ce qui me paraissait impossible. Je me suis trouvée nulle d’être si perdue, je me suis demandée si j’étais la seule à me torturer.

J’ai découvert que non, qu’on était nombreux à ce stade de la vie à se demander, à rester coincés au carrefour du “où vais-je ?”. Pour des raisons variées : un champs des possibles trop vaste, la peur du renoncement, l’impossibilité de se décider, la crainte de se tromper, l’envie de tout faire. Parfois toutes ces raisons en même temps. Alors comme ça, je n’étais pas seule, vingt-cinquenaire chanceuse ayant voyagé, fait des études, travaillé, ayant plein d’amis, une super famille mais pleine de question et comme bloquée, stoppée. Et déjà, savoir que je n’étais pas seule m’a permis d’avancer. Non, je n’étais pas un cas unique, je me posais juste des questions poussée par l’envie de vivre ma vie et pas celle de quelqu’un d’autre. Je me questionnais non pas pour ne plus rien faire mais au contraire pour faire plus !

Des décisions, de la prise de conscience

Après être restée bloquée un long moment j’ai commencé à avancer, à petit pas. Parce que ce qui m’avait menée à cette crise c’était le manque de sens, et la cohérence entre mes rêves et la vie que je voulait mener. Et qu’il était certain que rester dans le canapé de ma mère à pleurer sur mes questions ne faisait pas partie de mes envies. Tout doucement j’ai démêlé les fils pour comprendre qui j’étais, retrouver celle qui s’était un peu perdue, mes rêves. Je me suis écoutée, je me suis laissé le temps.

J’ai pris conscience que j’avais le choix – et quel luxe – mais qu’il n’était pas nécéssaire de faire peser sur chaque décision le poids du reste de ma vie. J’ai réalisé que quelque soit l’image fantasmée que j’avais de moi, quelque soit ce que la société attendait de moi, quelque soit ce que je pensais que mes parents attendaient de moi, au final j’étais la seule à décider de ma vie. A choisir et à en vivre les conséquences. J’ai compris que je pouvais me tromper, mais que je pouvais aussi réussir. Que finalement je pouvais être moi.

J’ai mis un an, un tout petit peu moins, à digérer mes 25 ans. La crise des 25 ans je l’ai prise de plein fouet. La crise des 25 ans n’est pas un mythe. Ca a été une année chaotique en tous points. Il y a un an je n’y aurais certainement pas cru si vous m’aviez dit tout ce qui allait m’arriver. L’année de mes 25 ans a tout remis en question. Je ne suis toujours pas parfaitement en phase avec moi-même. Je ne sais pas exactement où je vais, et quand on me demande je dis que c’est une surprise. Ma vie est un peu bancale.  Avec des hauts et des bas. Mais elle me ressemble. Et je vis. Comme je veux. J’ai 26 ans demain et j’en suis très heureuse, par ce que l’année de mes 25 ans m’a amenée jusqu’ici.
<

 

Advertisements

9 Comments

  1. Bonjour Cloé. Je me permets de t’écrire pour te remercier. Je suis tombée par hasard sur ton blog et notamment sur l’article “la crise des 25 ans n’est pas un mythe”. Merci, j’ai enfin pu mettre de réels mots sur ce qui se passe pour moi en ce moment. Je vis à très peu de choses près la même situation. Sauf que moi à l’inverse de toi, mon travail est pesant dans le sens où je ne m’y épanouie pas par manque de “challenge”, de mouvement. Pour le reste de ton article c’est EXACTEMENT ça.

    Je m’étais aussi imaginée une vie “parfaite”. Apres mon voyage de 1 an l’année dernière, je m’imaginais avoir un boulot épanouissant, un copain, un appartement sympa, dans un quartier sympa, avec des amis sympas.
    Mais en réalité ça ne se passe pas du tout comme prévu; pseudo copain, appartement correct, mais dans une petite ville de province qui ne bouge pas. Mes amis sont loin, ou la relation entre nous n’est plus aussi idyllique, ma famille est à plus de 600km…
    Le soir, je passe quasi mes soirées à m’abrutir de séries Netflix pour éviter de penser. Sinon c’est l’angoisse et les questions viennent sans cesse m’embêter. Des fois ça m’arrive de pleurer sans raison ou pour rien, au minimum 1 fois par semaine si ce n’est plus. De pleurer même au travail, en voiture, de retour chez moi. Ça m’arrive souvent.

    J’ai l’impression d’être spectatrice de ma vie et de n’avoir aucun pouvoir dessus. Je me remets en question sans cesse, sur moi, mon job, mes études, ma relation aux autres…

    Je me dit qu’il faudrait que je quitte ce boulot mais comme toi, par fierté ou par principe je ne sais pas, je n’y arrive pas. Je culpabilise aussi de quitter ma petite association et de laisser ma seule collègue sur le tas…
    je ne me vois pas non plus un retour chez papa et maman a me morfondre.

    Cette vie me ronge et je me laisse porter sans en voir la fin. Mais je commence à fatiguer moralement. Je ne me reconnais pas, je suis en colère contre moi même. Je sais que je dois me sortir de là, mais je ne trouve pas de solution parfaite.

    Quels conseils pourrait tu me donner toi qui est passée par là? Tu sens tu beaucoup mieux? As tu réussi à dépasser cette crise des fucking 25 ans? As tu réussi à dépasser ça toute seule?

    Je te remercie par avance si tu réponds à mes questions.
    Marie.

    Like

  2. Bonjour Cloé. Je me permets de t’écrire pour te remercier. Je suis tombée par hasard sur ton blog et notamment sur l’article “la crise des 25 ans n’est pas un mythe”. Merci, j’ai enfin pu mettre de réels mots sur ce qui se passe pour moi en ce moment. Je vis à très peu de choses près la même situation. Sauf que moi à l’inverse de toi, mon travail est pesant dans le sens où je ne m’y épanouie pas par manque de “challenge”, de mouvement. Pour le reste de ton article c’est EXACTEMENT ça.

    Je m’étais aussi imaginée une vie “parfaite”. Apres mon voyage de 1 an l’année dernière, je m’imaginais avoir un boulot épanouissant, un copain, un appartement sympa, dans un quartier sympa, avec des amis sympas.
    Mais en réalité ça ne se passe pas du tout comme prévu; Pseudo copain, appartement correct, mais dans une petite ville de province qui ne bouge pas. Mes amis sont loin, ou la relation entre nous n’est plus aussi idyllique.

    Le soir, je passe quasi mes soirées à m’abrutir de séries Netflix pour éviter de penser. Sinon c’est l’angoisse et les questions viennent sans cesse m’embêter. Des fois ça m’arrive de pleurer sans raison ou pour rien (au minimum 1 fois par semaine). De pleurer même au travail, en voiture, de retour chez moi. Ça m’arrive souvent.

    J’ai l’impression d’être spectatrice de ma vie et de n’avoir aucun pouvoir dessus. Je me remets en question sans cesse, sur moi, mon job, mes études, ma relation aux autres…

    Je me dit qu’il faudrait que je quitte ce boulot mais comme toi, par fierté ou par principe je ne sais pas, je n’y arrive pas. Je culpabilise aussi de quitter ma petite association et de laisser ma seule collègue sur le tas…

    je ne me vois pas non plus un retour chez papa et maman a me morfondre. Cette vie me ronge et je me laisse porter sans en voir la fin. Mais je commence à fatiguer moralement. Je ne me reconnais pas, je suis en colère contre moi même. Je sais que je dois me sortir de là, mais je ne trouve pas de solution parfaite.

    Quels conseils pourrait tu me donner toi qui est passée par là? Tu sens tu beaucoup mieux? As tu réussi à dépasser cette crise des fucking 25 ans? As tu réussi à dépasser cela toute seule?

    Je te remercie par avance si tu réponds à mes questions.
    Marie.

    Like

    1. Bonjour Marie et merci beaucoup pour ce long commentaire ! Je suis heureuse que cet article ait pu t’aider à mettre des mots sur ce que tu vis, c’était exactement mon but en l’écrivant et tout ce tu décris correspond à ce que j’ai ressenti à un moment – l’an dernier exactement. Un an après j’avais l’intention de faire un bilan en article mais voici quelques réponses : je suis heureuse, j’ai repris une vie que j’aime, ma vie et pas celle qu’on m’entend faire vivre. Ma vie a radicalement changé puisque je vis maintenant au Malawi, j’ai un boulot, un copain et des tonnes de projets qui m’enthousiasment et me portent.

      Comment j’en suis arrivée la ? Ca n’a pas été simple et je n’ai pas surmonté seule ces gros moments de doutes ou l’on a littéralement la sensation de pédaler dans la semoule ! J’ai été voir une psy pendant plusieurs mois à raison d’une fois par semaine et on a creusé, creusé ce qui me bloque, mes croyances, notamment les limitantes, on a analysé mes rêves, mes réactions, elle m’a appris à m’auto observer de loin pour voir la totalité du scénario et pas juste une petite partie et je dois dire qu’encore aujourd’hui ça me sert pour mieux me comprendre et réagir dans les situations un peu compliqué. On a mis le doigt sur des choses auxquelles je n’avais jamais pensé. Ca a fait sauter des verrous je pense, je me suis accordée des libertés, dont celle de ne pas faire vraiment ce qu’on attendait de moi, de suivre mon instinct, et ça a plutôt bien marché.

      Je ne sais pas si ça peut t’être utile mais à mes amies qui sont passées par la j’ai conseillé d’en parler avec quelqu’un, que ce soit un psy, un sophrologue, un kinésiologue, quelqu’un qui va pouvoir nous aider à repartir en se comprenant. Suis ton instinct, tu as un job, un appart tu es surement quelqu’un de raisonnable mais lâche un peu la bride : quelle est la vie de tes rêves, que veux tu faire dans tes rêves les plus fous ? L’an dernier après avoir passé la période vraiment noire j’ai noté mes objectifs pour l’année 2016, et ça m’a aidé à prendre le bon chemin, peut être que cela pourrait aussi t’aider ? Certains bouquins m’ont pas mal aidée aussi (https://unsibeaumonde.com/2016/02/02/ces-livres-3-la-deuxieme-vie/ ), ainsi que l’amour de ma famille et de mes amis avec qui j’ai pu parler de ma thérapie, de mes questionnements, une ancienne boss a été d’une aide précieuse aussi d’un point de vue professionnel. Et enfin pour garder la pêche : le yoga, une alimentation équilibrée et des passions m’ont permis de garder le moral a peu près au dessus des flots 🙂

      N’hésites pas si tu veux en discuter un peu plus,

      Belle journée

      Cloé

      Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: